Ville éternelle 4

A l’heure du déjeuner, c’est-à-dire tout le jour, on se bouscule encore dans les petits restaurants ouverts partout depuis que les autorités ont permis, en 1986, le commerce privé. Un brasero à charbon, deux marmites et quelques bols deviennent alors un com-pho (riz et soupe). Sur un miniscule tabouret, un pho pimenté, la célèbre soupe hanoïenne, réchauffe l’estomac et le coeur. A cent mètres, un miroir à un clou et un fauteuil deviennent un salon de coiffure et un assourdissant karaoké tapi dans une gargotte devient un bistro où l’on sert ca-phê kêm (café-crème) et bière ba-ba-ba (333).

Ce n’est qu’au soir, quand la chaleur est tombée, que la fébrilité s’atténue et que la vie de quartier reprend ses droits. Au pied d’un micocoulier de vieux messieurs barbichus en béret basque jouent aux cartes, des grand-mères, un bambin sur la hanche prennent le frais et des écoliers s’appliquent sur leur cahier à la lueur d’une ampoule. La société urbaine se replie sur elle- meme, revenant à sa cellule initiale, la famille.
Hanoï est décidément une ville pudique, qui se découvre peu et ne cherche pas l’épate.

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D’ailleurs pourrait-elle se le permettre ? Peu cosmopolite, d’un aspect provincial, elle devra pourtant se moderniser, se transformer. Le délabrement de l’habitat, la voierie défectueuse, les transports archaïques et l’indigente technologie exigent d’évidentes mutations futures. Comment y faire face ? Les quelques exemples d’occidentalisation, tels ces bâtiments élevés avec l’aide de l’Est, n’ont pas été toujours heureux et même si l’admiration et la vénération du président Hô Chi-Minh restent ici intactes, son massif mausolée moscovite n’a pas fait l’unanimité. La transformation fdoi moi) qui s’opère soulève bien des questions sur l’avenir de la ville : l’ouverture à l’économie de marché, à l ASEAN, au tourisme et, partant, au capital étranger, invitent, incitent à de grandes transformations. On sait ici qu’il faudra conserver un précieux patrimoine urbain sans le modifier, moderniser harmonieusement sans la bana-lité du béton et la petitesse du gigantisme afin de préserver la qualité de la vie et l’âme de la ville. Hanoï n’est pas immarcescible. Souhaitons qu’elle reste insubmersible et ne sombre pas dans les remous d’un modernisme de mauvais aloi, aussi impersonnel qu’inhumain. Et qu’un jour l’on ne dise pas de Hanoï – comme le regrettait le poète Pham Quy-Tich évoquant la belle Kiêu – “sa beauté ne méritait pas de périr dans les flots”.

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