Traditions

Au carrefour de deux grandes cultures, l’indienne et la chinoise, dans un creuset géographique où se sont côtoyées, heurtées ou mêlées des populations très diverses, le Vietnam est terre de syncrétisme. Mais c’est à la Chine que ce pays a le plus emprunté : croyances, institutions, architecture, arts, littérature et même calendrier.

Or rien n’est aussi lié au calendrier, véritable horloge de l’année rythmant les temps forts de l’existence, que les traditions. Parmi les fêtes, celle de la mi- automne revêt une grande importance : ses défilés en musique, les achats de jouets et de figurines de papier coloré apportent la joie aux enfants gavés de pâtisseries et coïncident en outre avec la saison des mariages. Celle de Thanh- minh (Pure Clarté), venue aussi de Chine, rend hommage aux morts et c’est en famille que l’on va entretenir les sépultures. Plus récentes, médiatisées, les fêtes officielles, comme celle de l’Indépendance, rassemble sur la place Ba-Dinh personnalités de l’Etat, délégations étrangères et soldats au milieu d’emblèmes écarlates.

Meus c’est le Têt qui remporte tout les suffrages. Au jour de Tan, entre fin janvier et début février, toute activité publique s’ankylose. Les Hanoiens ont fait des achats fébriles et, durant au moins trois jours, leur emploi du temps va être consacré aux visites à des proches, à des voyages pour voir des parents de province. Avions, trains, spectacles sont complets. Selon ses moyens on se gave ou Ton déguste des délicatesses, on partage le banh-chung (paté-gateau du Nouvel An) non sans avoir honoré et, symboliquement, nourri les ancêtres. Puis ce sont les parties de cartes, le sirop de la rue populeuse, des visites aux photo-graphes ambulants, une pièce de théâtre classique. Portant des rameaux de bourgeons symbolisant le printemps, les femmes, mutines et folâtres, virevoltent dans leur ao-dai (tunique) le plus seyant au long du lac Hoan Kiem ou au parc Lénine. Feux d’artifice, pétarades des motos et pétards des gosses déchirent la nuit. Hanoï se donne à une fête bon enfant, rieuse, populaire, sociale et sociable qui écarte tout l’artifice des festivités occidentales trop commerciales. A Hanoï la tradition du Têt reste encore une vraie fête.

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Avec ses cotés campagnards, ses citatins récents, Hanoï, disait l’historien Nguyên Khac-Viên, “c’est un village qui s’urbanise”. Point focal de la société, la famille reste le conservatoire et l’observatoire des traditions. Confucéen et patriarcal, le clan familial reste décisionnaire pour l’avenir des jeunes, pour le mariage. Aussi la femme, bien qu’impératrice de la maison, a-t-elle encore un rôle traditionnel.

La guerre, l’instruction, le travail, une certaine indépendance économique et, pourquoi pas, l’émancipation féminine socialiste ont sensiblement modifié sa condition. Mais l’urbanisation, l’intrusion des médias et l’occidentalisation apportent aussi des changements : la Hanoienne veut de plus en plus peser sur son destin. Par définition les traditions sont appelées à se perpétuer. Mais elles évoluent aussi. Combien de temps encore resteront vrais les vers du poète du XVIe siècle, Nguyên Gian-Thanh : “Bien des pays bâtissent leur puissance sur des citadelles.

Faisons plutôt des vertus de justice et d’humanité nos remparts Pour voir, génération après génération, printemps après printemps,
Nos enfants se transmettre mille, dix mille ans nos belles traditions” ?

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