Architecture

Quand la France s’installe à Hanoï la cité a perdu de son éclat, détrônée par Hué devenue capitale. Mais les Français veulent en faire, à l’instar de Saigon, une ville résolument moderne. En 1886, lorsque le gouverneur Paul Bert va inaugurer de grands travaux, il déclare: “Il fallait subjuguer les foules indigènes et démontrer sans conteste la supériorité du nouveau pouvoir, tout en assurant sa pérennité.” Toute récente, la Ille République reste impériale et haussmannienne : sans état d’âme on rase la citadelle, des pagodes, des quartiers anciens pour y substituer des bâtiments officiels, des casernements, les maisons de colons. Or dès 1905 le gouverneur général Paul Doumer déplore ces destructions : “Qu’on ait eu tort de démolir les portes de la citadelle, ce n’est pas douteux. A-t-on eu raison de démolir la citadelle elle-même, d’en abattre les solides remparts vieux de plus d’un siècle et construits pour durer indéfiniment… La disparition des portes resterait seule fâcheuse pour l’art et l’histoire. “

De ces quartiers coloniaux de la Concession et de la Citadelle les bâtiments sont restés quasi intacts. D’où, pour les Français, cette familiarité architecturale, ces réminiscences d’un urbanisme résidentiel “vieille France”, ce déja-vu désuet inspiré de Pau, de Deauville ou de Biarritz qui rappelle les photographies sépia d’un temps oublié.

Si de pompeuses bâtisses officielles et des folies en “normand pagodé” font figure de maladroites pâtisseries, bien des édifices ont belle allure. Après l’académisme du XIXe siècle des architectes tels Hébrard, Vildieu et Nguyên Cao-Luyên ont souvent su créer un modernisme original. L’art Nouveau, les volumes géométriques à la Mallet-Stevens côtoient ici cet indéfinissable “colonial” vaguement inspiré d’une architecture locale. Ceintes de jardins secrets, encore pimpantes ou dégradées, des villas ocre, safran ou céladon forment de petits coins de France où le seul exotisme est la fondaison des manguiers ou, en mai, l’éclatant rougeoiment des flamboyants. Du Grand Lac au Petit Lac, par les rues Hoàng Dieu, Tràng Thi et alentour, on baigne dans un décor figé de roman colonial ou dans l’incertain ailleurs d’un récit de Modiano. Mais la guerre, le dénuement des locataires et de la Municipalité ont laissé l’humidité envahir les façades. Pierre et plâtre, brique et béton se sont couverts d’étranges cartes géographiques nées de mousses saxatiles. Dans le quartier commerçant des “Trente-six Corporations” les maisons basses dévoilent, sous leurs toits de guingois, frontons, balcons et perrons fissurés, corniches, consoles et claveaux au crépi desquamé.

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Mais Hanoï c’est aussi la mémoire de temps plus anciens : la Pagode sur pilier unique, merveille de grâce jaillie des lotus. C’est le Temple de la Littérature où de gigantesques tortues de pierre portent sur le dos des stèles gravées de sinogrammes à la gloire de mandarins d’antan. C’est la patine des bois anciens des temples de Voi Phuc ou de Quan Thành. C’est surtout, serti au milieu du Petit Lac, ce pagodon qui, quand il est noyé dans la brume matinale, semble être le sujet d’une estampe.

Mais aussi, comment oublier le délabrement général de l’habitat, la promiscuité, la laideur et la tristesse de certains immeubles périphériques ? Saura-t-on moderniser, réhabiliter, rebâtir sans trop encenser les vestiges de la colonisation ni ruiner ce riche patrimoine architectural et historique ?

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